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mercredi 10 août 2011

mosaïques romaines

Je suis fasciné par la technique romaine des mosaïques : le dessinateur détermine ce qu'on nommerait aujourd'hui des "pixels", un peu comme ceux constituant autrefois les photographies noir et blanc de nos journaux : en grossissant l'image, on découvrait qu'elle était formée de points juxtaposés, parfois très distants.

Et puis, il définit couleurs et ombres. De la peinture traditionnelle comme celle des murs de Pompéi, il passe à la mosaïque des sols.

vous les reconnaissez ? les trois grâces


je commence par Léda. Zeus s'est déguisé en cygne. Il est ici très sage, car d'habitude, il inflige à Léda des positions pas toujours catholiques !


nous sommes vraisemblablement à la plage, en été, le temple sert de plongeoir




















la mode est aux fesses nues

l'essentiel étant de ne pas se mouiller !

je termine naturellement par Aphrodite, à Chypre

dimanche 29 mai 2011

Ephèbe(s)

Voilà une statue antique en bronze, de un mètre quarante de haut, datée du IVe siècle av. J.-C., trouvée dans le lit de l'Hérault, face à la cathédrale Saint-Étienne d'Agde, en 1964 par Denis Fonquerle et Jacky Fanjaud. Quelle découverte ! un bronze antique, un superbe vert patiné, quasi intact, gisant comme ça, dans le lit de la rivière !

Et puis ça change des romains : nous sommes quatre cents ans avant,  chez les grecs !

Qui a bien pu couler ce bronze relativement gros, en utilisant la technique de la cire perdue ?


Le style, dixit Wikipédia, est celui du sculpteur Lysippe de Sicyone et il pourrait s’agir d’Alexandre le Grand. Vous jugerez plus tard s’il faut vraiment croire cette interprétation. Pour être franc, la tête paraît un peu petite pour le corps. Les épaules sont celles d’un champion de natation. Plus bas, c’est manifestement un monsieur du sexe masculin. Manquent seulement un bras et les pieds, ce qui est déjà extraordinaire. La nudité est rehaussée par un bout de toge, à moins que ce soit une serviette de bain comme si Alexandre sortait tout bonnement des thermes ?




















Après avoir été exposée au musée du Louvre pendant plus de vingt ans, l’œuvre est revenue en 1986 à Agde où elle est conservée dans le « Musée de l'éphèbe », construit spécialement pour lui, et inauguré par le ministre de la culture de l'époque, François Léotard. Comme dans les musées modernes privilégiant les économies d’énergie, les visiteurs sont plongés dans le noir,  à peine percé de leds minuscules laissant les œuvres dans la pénombre, de manière à faire travailler davantage l’imagination sans doute. Pour le photographe- dûment autorisé par Madame le Conservateur en réponse à une demande dactylographiée- à prendre des photos (sans utiliser le flash susceptible d’altérer la patine d’Alexandre), la tâche est rude d’autant plus que les appareils numériques modernes n’ont pas de touche « pause » comme autrefois, pour prolonger le temps d’exposition. La guide qui me suit pas à pas comme à Pékin (quand on surveille étroitement les touristes occidentaux) n’en revient pas du nombre de photos prises, et de mon explication qu’il risque d’y avoir beaucoup de ratages vu la pénombre du tunnel dans laquelle nous sommes immergés !


Cette statue est maintenant l’emblème de la ville d'Agde. Une copie de grandes dimensions a été érigée sur un rond-point routier (le rond-point de l'Éphèbe) près de la rocade sud. Quand on a réussi à garer son véhicule, on peut photographier … sans autorisation…ouf ! Liberté, liberté comme chante Cantelou imitant Montagnier !


En voyant les orbites vides, je pense à l’éphèbe de Marathon dont les yeux sont intacts. Il s’agit d’une statue en bronze découverte en 1925 en baie de Marathon, d'où son nom. Même taille de un mètre trente. Elle est communément rattachée à la sculpture grecque du second classicisme, c'est-à-dire du IVe siècle av. J.-C. Pareil ! Elle est conservée au Musée national archéologique d'Athènes. Autrefois, on chantait des chansons grivoises sur le musée d’Athènes, sur le thème des fils d’Hercule par exemple…peut-être à cause de lui ?  à cause d’eux ?


Agde ; Athènes ; mêmes éphèbes !





dimanche 15 mai 2011

TARRACO ROMANA



Nous revenons de Salou, là où règne le bonheur …catalan. Nous avons nos habitudes à la Villa Romana où nous sommes un peu en terre romaine. On commence le dimanche, avec le repas de 13 heures. On finit le dimanche suivant mais on se contente du petit-déjeuner qui constitue un repas à tel point que les anglo-saxons ne se gênent pas pour se goinfrer de frites ; saucisses ; bacon et autres haricots. Le matin il y a même du champagne (espagnol) gratuit, mais il faut bien reconnaître que seules en goûtent quelques (très grosses) dames qui n’ont plus rien à prouver ni à perdre, et qui tolèrent le mousseux sucré !

Le gros avantage de Salou est d’offrir la villégiature ; et les repas, ce qui est beaucoup pour servir d’ossature au bonheur. Mais à vingt kilomètres autour, on peut se cultiver l’esprit, et cette fois au lieu de retourner à Reus, nous avons découvert Tarragone. Tàrraco des Romains.

Nous avons repris le chemin que prenait le propriétaire fastueux de la villa de Cencelles à Constanti tout proche. Depuis deux mille ans, la coupole immense n’a pas bougé ! Et le plus fort, est que les mosaïques habituelles ne revêtent pas le sol, mais la coupole !







Arrivée à Tarragone, il faut franchir l’enceinte romaine faite de blocs cyclopéens. Ici tout est à la gloire d’Auguste, et rappelle Rome, on côtoie même Romus et Romulus.





Nous reparlerons plus tard de la cathédrale et de son cloître. L’objectif est le musée archéologique, rempli des objets trouvés lors des fouilles : mosaïques ; statues ; objets de marine ; objets usuels de verre ou de cuivre…. Que des merveilles !


Il y a une mosaïque de Méduse, mais mieux il y a Euterpe, et même Mnemosyne (voir mes histoires de papillons !). Et une grande mosaïque de poissons avec homards et dauphin.












voici Thalia, la muse de la comédie avec son masque




Quelques Vénus ;  des nus ; des toges ; et des drapés !








la preuve est maintenant flagrante : les fesses de Bacus sont plus harmonieuses...
...que celle de Vénus !


mais rien n'est plus seyant qu'un drapé ajusté


lundi 17 janvier 2011

vénus de Martres

On la nomme la Vénus de Martres, et je vous en ai déjà parlé quand nous avons rendu visite à Lorenzi à Arcueil. Mais il n'y avait que la copie, alors que vous allez admirer l'original.

Cet original a été trouvé dans les fouilles de la villa de Chiragan, à Martres-Tolosane, tout près de chez nous, une villa tellement riche en sculpture qu'on a émis l'hypothèse qu'il pouvait s'agir d'une fabrique d'effigies. Vous savez qu'à l'époque romaine, les hauts personnages ne pouvaient se faire connaitre à la télé puisqu'il n'y en avait pas (on se demande bien comment ils pouvaient s'en passer ?). Alors, ils se faisaient tirer le portrait par un sculpteur renommé, pour créer un original. Ensuite des ateliers de sculpture (remplis d'esclaves) reproduisaient toute la journée des copies hyper-ressemblantes, et les diffusaient dans l'Empire pour que les honnêtes romains, et plus encore les populations conquises comme les Gaulois et ici les Con-vènes, sachent bien qui était le patron, et qu'il fallait obéir à ses consignes. Et le saluer en se rendant au Temple tous les dimanches.

Comme à Chiragan-Martres-Tolosane il n'y a que des ploucs (sans doute), le premier réflexe des découvreurs qui étaient des archéologues mondains a été d'emmener leurs découvertes à Tolosa, la ville, notre Urbs locale. Et Saint-Raymond, qui était un monastère, a été entièrement consacré à l'exposition des trophées, en nombre tellement important que l'on prétend que nous avons à Toulouse le deuxième musée (pour le nombre de têtes couronnées) de l'Italie. Le premier est à Rome, et sa visite est naturellement irremplaçable, puisqu'au lieu de cassoulet on peut manger des truffes ce qui est nettement plus chic.

Trêve de bavardages, je vous emmène.
ce n'est pas elle mais une simple belle romaine en vacances à Chiragan

ce n'est toujours pas elle, mais une vénus quelconque qui a perdu la tête

elle s'est réhabillée, et quels drapés !























c'est elle !
elle a le nez cassé, Lorenzi l'a réparé, il s'est trompé !

un beau marbre blanc, pas de St-Béat, veiné de gris : viendrait-elle de Carrare ?







aussi beau que le sourire de la Joconde non ?