mardi 18 octobre 2011

Sala de las Musas

Ou encore : las musas de Cristina de Succia ! ( les Muses de Christine de Suède) !












On dit qu’aujourd’hui les marchandises parcourent le monde. Nous sommes en Italie, villa Hadriana, le palais de l’empereur Adrien à Tivoli, l’ancienne Tibur. Villa somptueuse, avec des jardins, des parcs, des pièces d’eau entourées d’arcades. Et dans chaque arcade, il y a une statue. L’ensemble est riche et somptueux, le palais d’un empereur romain. La technique est remarquable, nous sommes au IIè siècle mais les outils des sculpteurs existent déjà, les mêmes qu’aujourd’hui.

le sarcophage du Louvre : il y en a neuf !

Dans les années 1670, on s’intéresse aux antiquités, et il est plus facile de se procurer celles qui existent plutôt que d’en sculpter de nouvelles. C’est comme cela que les Muses ornant la villa Adriana sont vendues à la reine Christine de Suède qui aime les Beaux Arts, et veut agrémenter son palais de Rome. Philippe V les achète à son tour. Et c’est comme cela qu’elles atterrissent à Madrid. Et qu’elles ornent la sala de las Musas du Musée du Prado. Et que les arcades du Canope de la villa de Tivoli sont quasi vidées…


Je me ballade sur internet et tombe sur le blog d’une dame aux goûts exquis, (merci Alba), adresse : http://cielbleudecastille.blogspot.com. Alba vit à Madrid, mais se promène apparemment partout où le ciel est bleu ; où il y a des musées, des libraires, et où l’on mange avec raffinement. Elle connaît toute la côte Basque et fréquente Biarritz. Sa première page est ornée de el quitasol de Goya, une peinture somptueuse avec ses couleurs franches. Elle se promène comme chez elle au Prado, évidemment si elle loge à côté ? C’est comme ça que j’apprends que pour voir las Musas, il faut me rendre non pas en Italie, mais à Madrid ! Quasi aucune photo sur le net, et je comprends pourquoi : les photos sont interdites dans l’enceinte du Musée du Prado, cela pour se réserver l’exclusivité des images. Même s’il ne publie rien sur le sujet, se réservant pour la peinture classique qui foisonne à l’intérieur.

Il y a des miracles parfois (pour les innocents à l’âme pure  dont je fais partie). Nous sommes mardi 18 novembre, nous avons rejoint Madrid exprès ; et nous mandons un taxi pour nous déposer au Prado. Nous tombons sur une voiture mixte électrique-essence parfaitement silencieuse (je vous ai déjà expliqué où passait l’argent en Espagne) et le chauffeur nous dépose à l’entrée. Déjà du monde, mais nous sommes en automne, quasiment pas de queue. Nous entrons, et le souvenir des photos sur fonds rouge me guidant, je tombe immediatamente sur la salle recherchée. La salle mi-ovale n° 47 où l’on loue les casques pour guider les visiteurs. Eclairée par des fenêtres longilignes qui font contre-jour, et entre lesquelles on a juché les statues sur des colonnes grecques de bois. Le fonds est rouge, et ce n’est pas facile de prendre les photos interdites : manifestamente, c’est fait exprès ! Je me lance de gauche à droite. Je reviens de droite à gauche en tentant des gros plans. Résultat mitigé. Plus tard je me ferai prendre par une matona munie d’un talkie-walkie. Le musée alerte les surveillantes de chaque salle pour me coller de près. Je cache l’appareil craignant de voir un policier le fouler aux pieds. Fini les photos.

Clio, Musa de la Historiografia (histoire)

Terpsicore,  Lyrica et Danza (chant choral)





















Caliope, Musa de la Epica (poésie)

Urania, Astronomia




















Erato, la Lirica Coral

Melpomene, Tragedia




















Voilà le résultat, de un à huit. Parce qu’il n’y a que huit Musas, recherche faite, c’est Thalia qui a disparu, d’après la liste du sarcophage du Louvre dont je vous redonne plus haut copie. Thalia, muse de la comédie pastorale est aussi munie d’un masque, et fait ainsi (un peu) double emploi avec Melpomène, muse de la tragédie. Elle a le pouvoir de faire fleurir les fleurs (d'où sa coiffure).

Polimnia, pantomima y geometria

Euterpe, mûsica de flauta





















Vous vous souvenez du palais de Sissi à Corfou ?

Il y a donc eu un palais de Cristina à Rome !

Merci au Prado d’avoir conservé les huit !

Mais où donc est Thalia  ?

…celle-ci est Sala delle Muse…

 ...au Vatican !

il va falloir retourner à Rome ?